LA COMMUNICATION PEUT-ELLE JOUER UN ROLE SOCIAL ?Posté le 28 juin 2011 Aucun commentaire

Dans un monde de fusions-acquisitions, où les stratégies d’entreprises se succèdent, parfois aussi rapidement que les membres des comités de directions, nombre de collaborateurs ont de plus en plus de difficultés à conserver une identité professionnelle ou une compréhension de leur propre rôle dans l’organigramme. Dans ce monde, aux nouveaux rythmes et aux nouvelles méthodes, la communication RH ne doit plus seulement jouer un rôle de diffusion ou de partage de l’information. Elle doit aussi, désormais, contribuer à valoriser l’humain, revaloriser les compétences, et donner du sens au travail. La communication pourrait donc avoir à jouer un nouveau rôle… social.

La conduite du changement

Terminologie à la mode ou tarte à la crème, la conduite du changement, au-delà de l’expression dont certains peuvent abuser, est un passage obligé pour faire face avec succès aux évolutions de l’entreprise et dans l’entreprise. Il s’agit aussi et surtout d’accompagner l’humain dans ces phases de changements, pour limiter, voire anticiper les perturbations, et pour améliorer les conditions ou l’environnement de travail, l’organisation, les rythmes professionnels…

Accompagner l’humain dans le changement reste essentiellement une action préventive et pédagogique. Il s’agit en amont d’être à l’écoute des préoccupations afin de pouvoir y répondre au mieux, puis de savoir présenter et expliquer le changement, notamment dans ses aspects positifs, afin de permettre à chacun d’intégrer les avantages d’une situation nouvelle. Bien au delà d’une action qui se limiterait à une simple information, la communication doit intégrer une dimension sociale, avec une prise en considération de l’humain, dans le cadre de l’organisation collective, à laquelle il appartient, mais aussi en tant qu’individu à part entière.

Les valeurs

Clef supposée de la « responsabilité sociale » et donc de la communication « sociale » qui l’accompagne, les « valeurs » sont de plus en plus souvent considérées comme une solution miracle ! Mais quels crédits pour l’entreprise d’afficher des valeurs, généralement corporate, si celles-ci ne reflètent ni son histoire, ni sa réalité sociale, ni son esprit ou ses ambitions ? Un simple exercice rédactionnel, même réalisé par des communicants brillants, peut-il permettre de donner au travail du sens et à une organisation publique ou privée une image juste par l’affirmation de valeurs qui elles-mêmes manqueraient de sens ? Personne ne peut raisonnablement l’envisager. Comment être créatif avec des valeurs banales ? Comment se différencier de ses concurrents avec des valeurs identiques ? Comment permettre aux collaborateurs de s’approprier des valeurs, sans même leur en expliquer l’utilité ?

D’ailleurs, à quoi servent des valeurs? Elles peuvent être simplement ce qui permet de guider notre comportement quotidien dans le travail. Elles peuvent aussi être un guide en cas de conflit de priorité ou pour prendre une décision… Encore faut-il se donner la peine de l’expliquer et de les partager avec ses cadres, puis avec ses collaborateurs. Ce travail de pédagogie est incontournable si on veut dépasser le stade de la propagande ou de la « communication faciale facile », rarement efficace.

« Et moi, à quoi je sers ? »

Enfin, aujourd’hui, dans l’entreprise, la vraie question, du point de vue du salarié, est probablement : « Et moi, à quoi je sers ? ». C’est en tout cas celle que se posent de plus en plus les collaborateurs qui finissent par manquer de repères dans leur activité, de vision sur leur rôle, avec une considération personnelle et une reconnaissance professionnelle qu’ils perçoivent de moins en moins, dans un environnement de plus en plus instable, à commencer par leur propre hiérarchie.

« A quoi je sers ? » C’est aussi et peut-être une des questions principales à laquelle la communication RH doit répondre, et devra répondre à l’avenir, pour ainsi jouer un nouveau rôle…social.

Frédéric Fougerat, Vice Président Communication du groupe Ethypharm.

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